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Actualités | mardi 26 Août.

Grandes cultures bio : un contexte contrasté

La Commission Grandes Cultures d’INTERBIO Nouvelle-Aquitaine, réunie le 24 juin 2025 à Saint-Loubès (33), dresse un bilan contrasté pour la filière des grandes cultures bio. Alors que la grande distribution enregistre un repli de -5,1 % en 2024, le réseau spécialisé poursuit sa croissance avec +6,5 %. La restauration hors domicile progresse également, bien que moins fortement que l’année précédente.

En production, la Nouvelle-Aquitaine compte 340 569 ha en bio fin 2024, soit 8,8 % de la SAU. Mais la filière grandes cultures subit de fortes baisses en termes de surfaces : -14,5% entre 2023 et 2024.

Bilan de la collecte 2024-2025, un retour à l’équilibre :

La baisse de production en 2024 (-41 % sur les 4 céréales) a permis d’assainir les stocks et de retrouver un équilibre entre l’offre et la demande. Les projections pour 2025 sont favorables avec des rendements moyens proches des données historiques, à condition que les conditions climatiques demeurent favorables jusqu’à la collecte. Malgré cela, le bilan 2024-2025 reste tendu, avec des stocks finaux juste suffisants pour assurer la soudure entre deux collectes.

Des mises en œuvre à la hausse

La meunerie prévoit une augmentation de 2 % de ses utilisations pour la campagne en cours. La boulangerie artisanale reste le secteur le plus dynamique, suivie par l’industrie et le réseau spécialisé bio. En revanche, la Grande et Moyenne Surface (GMS) reste en retrait, sans signe clair de reprise.

Les fabricants d’aliments du bétail ont augmenté leurs utilisations de 4 % sur les 4 céréales. Ils se sont adaptés aux productions françaises avant de recourir à l’import, en intégrant davantage de maïs et moins de protéagineux. Après deux années de baisse, la production d’aliments composés (dont 3/4 sont destinés à la filière avicole) semble se stabiliser.

Visibilité et engagement : des enjeux majeurs

Les déconversions semblent être arriver à leur terme même si des questionnements persistent chez des producteurs en difficulté. La remise en culture des surfaces en herbe est essentielle pour couvrir les demandes des marchés.

Les opérateurs stockeurs se réengagent dans la collecte en deuxième année de conversion, même si sa valorisation n’est pas garantie. Ce geste témoigne d’un retour d’optimisme au sein de la filière.

De plus en plus de producteurs rencontrent des difficultés à s’engager auprès de leurs collecteurs. Pourtant, la déclaration des volumes disponibles et la contractualisation restent cruciales. Les volumes non engagés risquent d’être considérés comme des stocks de report en fin de campagne, ce qui pourrait contraindre les fabricants d’aliments du bétail à recourir à l’import.

Travaux et perspectives pour la filière

Par ailleurs, les travaux menés sur les coûts de revient par Bio Nouvelle-Aquitaine présentés et l’étude des seuils économiques d’INTERBIO Nouvelle-Aquitaine pour cette année 2025 se sont centrés sur la culture du tournesol. 

Les participants ont également échangé sur l’avenir des aides, avec la fermeture du Fonds Avenir Bio en 2025, les incertitudes autour de l’Agence Bio et de l’INAO, ainsi que le maintien des aides à la production. Tous s’accordent sur la nécessité d’une visibilité accrue et d’un soutien politique pour atteindre les objectifs fixés et sécuriser la filière.

Interbio Nouvelle-Aquitaine
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