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Non classé | jeudi 24 Sep.

Canicule, sécheresse et impacts sur la filière bio

Des filières impactées mais majoritairement résilientes face aux éléments

Filière grandes cultures

Les fortes chaleurs ont fortement pénalisé les rendements des grandes cultures biologiques, avec des pertes particulièrement importantes pour les légumineuses et des volumes diminués pour le maïs. Malgré ces difficultés, les premiers constats soulignent une meilleure résilience des systèmes biologiques, notamment grâce à des sols plus riches en matière organique, un meilleur enracinement, la diversité des assolements et des pratiques culturales adaptées. Les exploitations restent toutefois confrontées à des tensions économiques et à des difficultés d’approvisionnement en semences.

Filière volaille

Dans les élevages de volailles, les pertes liées aux épisodes de chaleur ont été nettement plus faibles en agriculture biologique, soulignant l’importance de bâtiments adaptés à la sortie des animaux, de la taille des élevages et de l’anticipation des éleveurs.

Alimentation animale

Des tensions sont attendues sur certaines matières premières destinées à l’alimentation animale, surtout sur le maïs. Les importations pourraient être nécessaires pour sécuriser les approvisionnements, tandis que la possibilité d’utiliser une part limitée d’aliments non biologiques apporte une certaine souplesse.

Élevage herbivore

La situation est particulièrement préoccupante pour les élevages bovins, ovins et caprins. Le manque d’herbe contraint déjà les éleveurs à entamer leurs stocks hivernaux, tandis que les fourrages disponibles deviennent rares et coûteux. Cette situation fait craindre une décapitalisation des troupeaux.

L’accès aux fourrages et les dérogations constituent des leviers essentiels à court terme, notamment pour permettre l’utilisation de foin conventionnel. La situation des prairies reste cependant incertaine et nécessite un accompagnement technique. Dans certains territoires, des solutions alternatives sont expérimentées, comme l’utilisation de ressources issues des haies.

La pénurie d’eau aggrave également les difficultés, avec des exploitations confrontées à des problèmes d’abreuvement. Les dispositifs d’aide et d’assurance apparaissent pour l’heure insuffisants ou trop lents au regard de l’urgence. Les systèmes d’engraissement exclusivement à l’herbe sont particulièrement vulnérables, avec un risque de ventes massives d’animaux et de déséquilibre du marché.

Filière laitière

La production laitière aurait reculé d’environ 30 % sur un mois, principalement en raison du manque de fourrages. Si cette baisse ne permet pas encore de tirer de conclusions sur l’ensemble de l’année, elle constitue un signal de vigilance.
Au-delà des conséquences économiques, la forte pression subie par les éleveurs souligne également la nécessité d’un accompagnement psychologique face à une crise qui s’installe dans la durée.

Filière Fruits & Légumes

L’arboriculture et le maraîchage sont durement touchés par la succession d’aléas climatiques, avec des pertes pouvant atteindre 80 % dans certains vergers. Petits calibres, qualité dégradée et difficultés d’approvisionnement fragilisent fortement les exploitations. L’adaptation des variétés et des pratiques devient indispensable.

Filière PPAM

Les fortes chaleurs avancent les récoltes et réduisent les coupes, entraînant des pertes de matière sèche de 30 à 50 %. La hausse des coûts, les conditions de travail difficiles et le manque d’eau accentuent les difficultés de la filière.

Filière viti-viniculture

La chaleur, la sécheresse et la grêle ont affecté certains vignobles. Bien qu’avancées de quelques semaines, ce qui constitue un record, les premières vendanges sont en général plutôt bonnes en qualité et plus ou moins en quantité. La gestion de l’eau devient néanmoins un enjeu majeur pour les prochaines années. Il semblerait que les blancs s’en sortent mieux que les rouges. La capacité à fertiliser a été déterminante ainsi que la structures des sols.

Adapter les systèmes agricoles et préserver les exploitations

Des mesures d’urgence nécessaires

Le système d’assurance et les dispositifs d’aide restent insuffisamment adaptés à l’intensification des aléas climatiques. Les filières demandent des indemnisations plus rapides, un fonds d’urgence, davantage de souplesse réglementaire et des mesures pour préserver les trésoreries, notamment via des moratoires bancaires et une fiscalité adaptée.

Accélérer l’adaptation de l’agriculture

La multiplication des événements climatiques impose d’accélérer l’évolution des systèmes agricoles : nouvelles variétés, cultures plus résistantes à la sécheresse, meilleure gestion de l’eau et adaptation des pratiques. L’agriculture biologique apparaît comme un levier important grâce à la diversité des cultures, à la qualité des sols et à une meilleure résilience dans plusieurs situations.

Préserver les exploitations

Malgré cette résilience, les systèmes biologiques ne peuvent absorber seuls l’intensification du changement climatique. Sans soutien rapide, le principal risque est désormais l’arrêt d’exploitations, notamment dans l’élevage ; on sous-entend désormais un an de fourrage en stock d’avance. L’enjeu est donc de sécuriser les revenus et les trésoreries tout en accompagnant durablement l’adaptation de l’agriculture biologique.

Au-delà des difficultés économiques et techniques, l’épuisement et le découragement des agriculteurs constituent un enjeu majeur : un soutien humain et psychologique doit pleinement être intégré aux mesures d’accompagnement, afin de ne pas laisser les exploitants seuls face aux crises successives.

La plupart des acteurs de l’aval sont aujourd’hui couverts, mais des difficultés d’approvisionnement sont à prévoir dans les prochains mois. Alors que le marché repart et que la demande devrait continuer à progresser, il sera nécessaire de sécuriser les volumes disponibles. Le recours aux importations pourrait être envisagé, mais cette solution reste incertaine, les aléas climatiques ayant également affecté la production dans la plupart des autres pays exportateurs.

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