Les Conférences de la souveraineté alimentaire : une déclinaison régionale qui prend en compte la filière bio
Lancée à l’échelle nationale à l’automne 2025, la démarche des Conférences de la souveraineté alimentaire s’inscrit dans la loi d’orientation pour la souveraineté agricole et le renouvellement des générations en agriculture (LOSARGA). Elle vise à maintenir et développer la capacité de la France à produire, transformer et distribuer une alimentation saine et de qualité, tout en préservant sa capacité à exporter.
La démarche repose sur une trajectoire à dix ans, avec l’élaboration d’une stratégie par filière, une évaluation à mi-parcours et un rapport parlementaire tous les cinq ans.
Du cadre national à la déclinaison régionale
Une première phase, menée à partir de l’automne 2025 au sein de sept groupes sectoriels au niveau national, a permis de définir des scénarios et trajectoires, d’estimer les niveaux de production et de transformation à atteindre à dix ans et d’identifier les premiers leviers d’action.
La seconde phase, déclinée dans chaque région, visait à déterminer la contribution des territoires aux objectifs nationaux et à identifier les projets permettant de les atteindre. Cette réflexion s’est attachée à prendre en compte les spécificités régionales, l’évolution de la consommation, le changement climatique et le contexte de chaque territoire.
En Nouvelle-Aquitaine, un comité de pilotage, présidé par le Préfet de Région et le président du Conseil régional, avec la Chambre régionale d’agriculture associée, a été constitué. Un comité technique réunissant les structures têtes de file des différentes filières de l’amont à l’aval a assuré la déclinaison opérationnelle de la démarche. INTERBIO Nouvelle-Aquitaine a participé à ces travaux afin de porter les enjeux et les spécificités des filières biologiques et leur prise en compte.
Une concertation avec les professionnels
Les travaux régionaux ont débuté en avril 2026 avec un appel à contribution et la diffusion de questionnaires auprès des professionnels. L’objectif était de recueillir leurs besoins et attentes, d’identifier les freins et leviers au développement des filières et d’identifier les projets sur le territoire.
Des groupes sectoriels se sont ensuite réunis en mai et juin pour partager les résultats de cette consultation et ajuster les objectifs régionaux. Le 27 mai, les groupes Ruminants, Grandes cultures, Viandes blanches et Fruits et légumes se sont réunis lors du Salon de l’agriculture de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux. Le 5 juin, le groupe Productions végétales spécialisées s’est réuni en visioconférence.
Dans ce cadre, INTERBIO Nouvelle-Aquitaine a contribué au relais des questionnaires. Les présidents des différentes commissions filières et les référents professionnels en lien avec les chargées de mission filières d’INTERBIO Nouvelle-Aquitaine ont présenté un état des lieux de la situation des filières biologiques à l’échelle régionale : état de la production, situation des marchés, projets en cours et perspectives de développement.
À partir des surfaces et des UGB (Unité Gros Bovin) recensés en 2025, des projections à 2036 ont également été établies, en tenant compte, d’une part, du contexte et des besoins actuels de chaque filière et d’autre part, des projections de croissance des marchés, par filière, réalisées par AND-I (qui mène notamment des enquêtes, des études de marché et des analyses de données statistiques pour le compte de l’Agence Bio).
Les travaux du COPIL et du COTECH ont fait l’objet d’une restitution en juillet 2026.
Des enjeux communs pour les filières néo-aquitaines
Il en est ressorti que la souveraineté alimentaire ne se limite pas à la capacité de produire. Elle repose également sur la solidité économique des filières, leur attractivité, le développement des outils de transformation et leur capacité à s’adapter aux changements climatiques et économiques.
Pour INTERBIO Nouvelle-Aquitaine, cette démarche constitue une opportunité de faire reconnaître la contribution des filières biologiques aux objectifs de souveraineté alimentaire et de participer à la construction d’une trajectoire régionale adaptée aux réalités et aux enjeux du territoire.






